Dans une maison s’accumulent des années de vie, des souvenirs et des objets. Le désencombrement d’un lieu c’est bien plus que de remplir des cartons. C’est un travail qui demande du temps et de la méthode. Mais surtout une grande écoute.
Retour sur une première mission d’accompagnement.
L’hiver dernier, je me suis déplacée dans le Sud de la France, chez Fanny qui avait perdu son père quelques mois plus tôt. J’interviens principalement en Sud Vendée, à Fontenay le Comte et ses alentours. Mais cette fois ci j’avais eu une demande particulière, un peu loin, que j’ai acceptée moyennant des frais de déplacement. Fanny avait décidé de quitter sa petite maison de ville pour s’installer progressivement dans celle de son papa, qu’elle connaissait bien, s’y rendant très régulièrement. Ses parents l’avaient achetée il y a plus de vingt ans, sa maman est décédée elle aussi depuis plusieurs années. Quelques affaires lui appartenant étaient encore là. La maison était donc pleine de souvenirs et d’habitudes accumulés.
En arrivant sur place, j’ai pris le temps de regarder avant toute chose. Des sacs d’hypermarché ainsi que des caisses en plastique étaient posés au sol dans plusieurs pièces. Remplis de divers articles provenant soit d’un tri commencé, soit en cours de transfert de sa maison personnelle et n’ayant pas encore trouvé leur place. Des placards où cohabitaient des objets sans lien entre eux et parfois en multiples exemplaires. La buanderie était quasi inaccessible, la cuisine était bien encombrée. Aucune pièce ne respirait vraiment.
Mais tout cela n’était pas un désordre par négligence. C’était le signe d’une transition de vie difficile, d’un deuil en cours, d’une personne qui vivait seule et avançait comme elle pouvait dans cette situation émotionnellement chargée.
Avant de toucher quoi que ce soit
Ce constat étant fait, il fallait passer à la discussion, écouter le ressenti, déterminer la phase du deuil, ses projets pour l’accompagner au mieux.
C’est une partie du travail assez invisible mais déterminante.
Nous avons échangé. Il était nécessaire de comprendre où elle en était, ce qu’elle ressentait pour cette maison, ce qu’elle voulait en faire. Elle avait déjà pensé à engager des travaux, demandé les avis de ses amis proches qui passaient et lui donnaient leur opinion. Il y avait plusieurs idées. Mais chacune pouvait évoluer au fil du temps, il était crucial d’instaurer une méthode de tri et de désencombrement avant d’imaginer la suite.
C’est relativement courant dans les moments de transition. On cherche à agir, à avancer, parfois avant même de s’être posé les bonnes questions, on connait tous cette expression familière de vouloir « mettre la charrue avant les bœufs ». Les premières questions que l’on doit se poser sont par exemple : Quel est le projet réel pour cet espace ? Par où commencer ? Qu’est-ce que je veux vraiment garder ?
Mon rôle a été de lui poser ce type de questions et de l’aider à y répondre. Il serait contre-productif d’imposer une vision, ou de décider à sa place. Je lui ai proposé un cadre, une méthode et surtout un regard extérieur bienveillant. C’est toujours plus facile d’apporter ce regard neuf et non empreint d’émotions sur les objets ou les meubles. Le « home organiser » analyse la situation avec clarté, énumère les solutions, ce qui aide à la prise de décisions avec moins de pression.
La méthode, concrètement
Il fallait libérer de la place pour ranger les essentiels, non utilisés au quotidien, qui étaient disséminés à plusieurs endroits de la maison. Nous avons commencé par la pièce annexe : un débarras / dressing. Celle qui potentiellement avait le moins de charge émotionnelle. Mieux vaut ne pas commencer par la chambre ou le salon dans lesquels on est presque certains d’y trouver les objets personnels des personnes disparues, émotionnellement plus difficile pour démarrer.
On commence par là où c’est possible, pour créer de l’espace et surtout de l’élan.
Le principe est simple : on commence par vider entièrement un placard ou une étagère. Chaque objet passe entre les mains et rejoint un espace selon l’un de ces choix : on garde, on donne, on vend, on recycle, on jette. Ce qui se garde trouve immédiatement une place logique, visible et accessible, par ordre de priorité. Il peut arriver qu’on décide également de ranger ces objets dans une autre pièce de la maison selon leur utilité.
Un placard bien organisé, c’est un placard où on trouve ce qu’on cherche sans tout sortir. Il faut également tenir compte de l’ergonomie à la maison et ranger les objets les plus lourds sur un support solide et à portée de main sans avoir à forcer et risquer de se faire mal au dos en les manipulant.
Pour les objets à donner, j’ai cherché les bons interlocuteurs : Emmaüs et les associations locales solidaires. Une méthode qui fonctionne très bien est également de déposer une offre de don sur un site d’annonces en ligne. Pour cela j’ai également créé son compte sur les plateformes Le Bon Coin et Facebook Marketplace afin de lui permettre de suivre sur sa lancée, après mon départ.
Pour ce qui pouvait se vendre, on a pris le temps de mettre en valeur les pièces (dépoussiérer, mettre en situation) de les photographier avec la bonne luminosité puis de rédiger les annonces en ligne.
D’autres objets, ont été mis en caisses pour être vendus lors d’un vide-greniers. Rien n’a été jeté à la légère. Seuls les articles « irrécupérables » c’est à-dire cassés ou trop abîmés sont partis en déchetterie s’ils n’avaient pas possibilité d’être revalorisés.
Les émotions
Contrairement à ce que l’on avait initialement évalué dans cette pièce, certains objets ou vêtements ont été révélateurs de souvenirs profonds et il a fallu s’accorder quelques pauses pour respirer, essuyer des larmes, se poser des questions. Ma présence a fait sens car j’étais là, à ses côtés, pour accompagner la gestion de ces émotions bien normales dans ce genre de situation. Cela a permis à Fanny de les accueillir sans se laisser abattre et lui a donné la force de continuer le tri. Il aura fallu une journée complète pour venir à bout des placards et étagères saturées au départ, mais la porte s’est refermée le soir sur un endroit de stockage organisé, optimisé, pensé pour être pratique.
Pièce après pièce, le travail avançait. De la place se libérait, on structurait, il y avait un début de cohérence dans l’organisation des espaces. Nous avions consacré un endroit du salon à tout ce qui était en vente sur les sites en ligne. En plus de la surface libre, il y avait cette vision plus claire et un sentiment de sérénité qui s’installait.
Ce qui change vraiment
Au bout de trois jours, la maison n’était pas entièrement transformée. Beaucoup d’objets étaient encore en attente de départ, certaines pièces de cette grande maison n’avait pas encore été triées. Ce serait prétentieux d’affirmer qu’il est possible de réaliser ce défi, surtout quand il y a un choix à faire pour presque chaque objet sorti du placard. Mais ce n’était pas l’objectif. L’objectif était de poser les bases, de transmettre la méthode et je dirais surtout de donner l’impulsion.
Ce qui m’a le plus touchée dans cette expérience, c’est de voir comment quelqu’un peut reprendre le contrôle face à une situation qui lui semblait insurmontable quelques jours plus tôt. Quand on comprend par où commencer, quand on voit concrètement qu’un espace peut changer en quelques heures de travail méthodique, quelque chose se débloque. On se sent non seulement capable de continuer mais la motivation revient car au bout c’est de la sérénité retrouvée.
Aujourd’hui, Fanny continue. À son rythme, à sa façon. Tout n’est pas rangé comme je l’aurais fait chez moi et c’est très bien ainsi. Car ce n’est pas ma maison, c’est la sienne. Il faut qu’elle s’y sente bien, se l’approprie mais avec méthode. Mon travail était de lui donner les outils pour avancer seule. C’est exactement ce qui s’est passé depuis. Je suis heureuse de recevoir des messages avec la photo d’un objet accompagné de sa petite légende « vendu !» ou « donné à un jeune super sympa »…
Je suis également très heureuse aujourd’hui de savoir que j’ai transmis quelques réflexes écocitoyens, notamment dans la valorisation des déchets. Combien de fois ai-je dit « non, on ne va pas jeter, cela peut servir à untel … » et de voir la reconnaissance des heureux bénéficiaires !

À qui s’adresse ce service
Les moments de transition de vie sont souvent ceux où l’on se retrouve face à des espaces qui ne correspondent plus à ce qu’on est ou à ce qu’on devient. Un deuil, une séparation, le départ en maison de retraite d’un proche, un tri avant ou après un déménagement sont autant de situations où un regard extérieur, une méthode et une présence bienveillante peuvent faire une vraie différence.
Mais ce service s’adresse aussi aux personnes qui se sont simplement laissé déborder au fil du temps, sans événement particulier. Une cuisine surchargée où l’on ne trouve plus rien, une chambre d’enfant en grand bazar, dans laquelle on n’ose même plus rentrer, un garage transformé en zone de stockage permanent… Parfois il suffit d’une demi-journée avec quelqu’un de méthodique pour remettre de l’ordre et retrouver le plaisir d’un espace bien organisé.
Ce qui m’anime dans ces missions, c’est autant le goût des choses bien faites et bien rangées que l’attention portée aux personnes. Chaque situation est différente, chaque personne avance à son rythme. Je m’adapte avec écoute, sans jugement, et avec la conviction que l’ordre dans un espace contribue vraiment au bien-être au quotidien.
Les formules proposées
Selon votre situation et le temps dont vous disposez, je propose plusieurs façons de travailler ensemble. Il est difficile de proposer une mission type, c’est pourquoi chacune d’elles est adaptable sur devis personnalisé :
- Le forfait diagnostic et méthode (durée 2h) : faire le point grâce à un regard extérieur et à un état des lieux. Recevoir un plan d’action concret pour avancer seul ensuite.
- Le forfait coup de main (durée 3h30) : un accompagnement d’une demi-journée ensemble. Idéal pour s’attaquer à une pièce (cuisine, dressing, cellier) ou démarrer un chantier plus vaste avec une première session concrète.
- Le forfait intensif (durée 7h) : un accompagnement d’une journée complète ensemble, pour aller plus loin et voir un espace vraiment transformé en une seule session.
- Le forfait transition totale (durée 3 jours / 21h) : un accompagnement complet pour vider une maison, avant un déménagement ou après une succession.
Une option interface prestataires est disponible pour la mise en relation et la coordination avec les acteurs du recyclage, du réemploi ou les déménageurs.
Chaque mission commence toujours par un échange préalable gratuit de 30 mn pour comprendre votre situation, évaluer vos besoins et vous proposer la formule la plus adaptée.
Vous traversez une période de transition et votre résidence a besoin d’une présence régulière pendant votre absence ? Découvrez aussi mon service d’intendance de résidence.
